Mais à quoi sert réellement le vote ? Au Canada, il permet de désigner un représentant chargé de défendre les intérêts d’un groupe de citoyens. Ce représentant appartient généralement à un parti politique porteur d’une certaine philosophie. Pourtant, dans la pratique, la population vote davantage pour le parti que pour l’individu qui la représentera.
Premier argument contre le vote
Le représentant élu n’a aucune obligation légale de respecter la volonté des citoyens de sa circonscription. Le plus souvent, il doit se plier à la ligne de son parti. Où est la voix du peuple dans ce système ? Où est le pouvoir du peuple promis par la démocratie ?
Deuxième argument : le mythe de la majorité
Ensuite, notre culture accepte le principe selon lequel une majorité de 51 % impose sa décision au 49 % restant, conformément à la règle de la majorité. Mais ce principe pose deux problèmes, dont je n’aborderai ici qu’un seul. Dans notre système, cette règle n’est jamais véritablement respectée : les abstentions et les votes annulés ne sont pas pris en compte. Résultat ? Des candidats sont élus avec des pourcentages réels parfois inférieurs à 20 % des voix totales. Si la majorité doit prévaloir, aucun candidat ne devrait être élu, car aucun n’atteint 51 % des suffrages. Comment justifier qu’un score de 20 % représente une majorité ? Où est la volonté populaire dans cette équation ?
Troisième argument : un pouvoir aux médias et aux ignorants
La démocratie, c’est le « pouvoir au peuple ». Mais dans les faits, c’est plutôt un pouvoir aux médias et aux imbéciles. La population se divise en trois groupes. D’abord, les ignorants, incapables de saisir les enjeux politico-sociaux et leurs conséquences, qui fondent leurs choix sur des critères futiles. Ensuite, les désinformés ou les paresseux, qui manquent de temps ou de motivation pour s’informer sérieusement et se contentent des médias de masse – des sources biaisées, manipulées par des agendas obscurs. Cette catégorie forme la majorité. Enfin, les intellectuels, responsables et politisés, qui prennent le temps de réfléchir et de s’informer pour faire des choix éclairés. Eux sont une minorité.
Troisième critique : les décisions « populaires » reposent sur des rumeurs, des informations erronées et des enjeux souvent insignifiants. Le vote devient un concours de popularité, pas un exercice de raison. Comment prétendre ensuite que le peuple a raison ? Comment accepter que notre société soit dirigée par des médias, des illettrés politiques et des imbéciles ?
Quatrième argument : une question morale
Le dernier point touche à l’éthique. Le gouvernement tire sa légitimité des citoyens qui, par le vote, lui délèguent leur liberté et leur autorité. C’est une entité fictive qui n’existe que par cette délégation. Il s’arroge le monopole de la création des lois, des règles et de la violence dans la société. En votre nom, il se donne le droit de commettre des actes immoraux sans conséquences : mentir, voler, agresser, tuer. Ces actes, jugés répréhensibles pour un individu, deviennent soudain acceptables, voire nécessaires, lorsqu’ils sont perpétrés par l’État. La politique repose sur le mensonge, l’impôt est un vol, la coercition est une forme de violence, et les guerres sont des meurtres.
Quatrième critique : voter, c’est cautionner ces actes immoraux. C’est participer à un système qui engendre violence et morts en masse. Comment justifier cette violence commise en notre nom ?
Pourquoi ne pas voter, alors ?
Certains diront : « Si tu ne votes pas, tu n’as pas le droit de te plaindre. » Cet argument est fallacieux et sert à apaiser la conscience des votants. La réalité est inverse : en votant, vous acceptez les règles du jeu démocratique, qui stipulent que vous devez vous soumettre à la décision populaire. Protester contre des résultats « démocratiques » prouve en soi que le système est défaillant. Comment défendre la démocratie tout en refusant ses conclusions ?
Ceux qui ne votent pas, en revanche, sont les seuls légitimes à protester. En m’abstenant, je rejette ce jeu et ses règles. Je ne suis donc pas tenu de me plier à une décision dite « démocratique ». Malheureusement, comme le gouvernement détient le monopole de la violence, je reste contraint de m’y soumettre sous peine d’être emprisonné ou tué si je défends ma liberté.
Pourquoi je ne vote pas ? Parce que voter est un acte criminel et immoral.
Et si 51 % des gens votaient pour légaliser le meurtre, serait-ce juste et moral ? La démocratie, c’est aussi cela. Réfléchissez-y.

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