Quitter le Québec : Ce n’est pas une trahison, c’est parfois une libération

✍️ Par Le Volontariste


I. Quand l’exil devient une hérésie morale

Il suffit qu’un Québécois s’aventure à dire, sur les réseaux sociaux, que la vie est meilleure ailleurs, pour que surgisse une réplique aussi prévisible que creuse :
« Va donc te faire soigner ailleurs ! »

Cette phrase, devenue réflexe défensif national, trahit à la fois un attachement aveugle à un modèle en déclin et une incapacité à concevoir que d’autres mondes sont possibles. C’est une formule paresseuse, destinée à clore toute conversation. Une sorte de fatwa symbolique lancée à l’encontre de ceux qui ont osé remettre en question le dogme de la supériorité québécoise.

II. L’ultime bastion : le mythe du système de santé gratuit

L’argument repose sur une illusion profondément enracinée :

« Au moins ici, la santé est gratuite. »

Gratuite ? Vraiment ?
Chaque année, le système de santé québécois coûte près de 60 milliards de dollars aux contribuables, soit plus de 40 % du budget total du gouvernement. Ce n’est pas gratuit, c’est forcé, monopolisé et obligatoire, même si vous ne l’utilisez jamais. Et même si le service offert est déficient.

Ajoutons à cela :

  • Plus de 900 000 personnes sans médecin de famille (INSPQ, 2024)
  • Des temps d’attente en urgence dépassant régulièrement les 18 heures
  • Des délestages chirurgicaux même hors pandémie
  • Une interdiction quasi totale du secteur privé parallèle pour les soins essentiels

Le modèle québécois repose sur la confiscation, le rationnement et l’interdiction de concurrence. Il ne ressemble pas à celui des pays nordiques qu’on aime tant citer. Il s’inspire plutôt de ceux où l’État est total :
Cuba, Corée du Nord… et le Québec.

III. Un modèle unique dans le monde : centralisé, monopolisé, verrouillé

Dans presque tous les pays de l’OCDE, le système de santé repose sur un modèle mixte où le public et le privé coexistent.
Voici quelques exemples concrets :

  • Allemagne : Assurance universelle, mais choix entre assureurs publics et privés. Cliniques privées accessibles à tous selon couverture.
  • France : Couverture publique universelle (Sécu), mais système de « mutuelles » largement répandu pour compléter les soins.
  • Suisse : Tout citoyen doit s’assurer auprès d’un prestataire privé, avec des subventions pour les moins nantis.
  • Australie : Medicare (public) + assurances privées pour ceux qui veulent un accès accéléré ou des soins supplémentaires.
  • Pays-Bas : Assurance obligatoire, mais entièrement fournie par des compagnies privées régulées.

Partout, le citoyen a le choix. Sauf au Québec.

IV. L’obsession de la santé : un leurre pour éviter de parler de liberté

La vérité, c’est que ceux qui s’accrochent au système de santé pour justifier leur rejet de l’exil ne parlent pas vraiment de santé.
Ils parlent de peur.

Peur de perdre leurs repères.
Peur de devoir assumer leur propre autonomie.
Peur d’admettre que d’autres modèles, ailleurs, fonctionnent mieux.

Ils transforment une dépendance (au système de santé québécois) en fierté nationale.
Et utilisent cette fierté comme arme pour ostraciser ceux qui ont fait d’autres choix.

V. Le Québec n’est pas la panacée : comparer, ce n’est pas trahir

On ne choisit pas où vivre uniquement pour voir un médecin. Voici quelques critères que bien des Québécois prennent en compte en quittant la province :

  • Liberté d’entreprendre : moins de bureaucratie, moins de taxes, plus d’agilité
  • Coût de la vie : logement, nourriture, essence… tout est souvent moins cher ailleurs
  • Sécurité : certains pays offrent une meilleure paix sociale sans surcriminalisation des citoyens
  • Éducation alternative : choix d’écoles, d’approches pédagogiques, de formations autodirigées
  • Climat sociopolitique : moins de censure, plus de débats réels, moins d’interventionnisme étatique
  • Fiscalité : au Québec, un travailleur moyen paie jusqu’à 45 % en impôts directs, sans compter les taxes de consommation

VI. Partir, ce n’est pas fuir. C’est parfois se libérer.

Quitter un endroit pour vivre mieux ailleurs n’est ni une fuite ni une trahison. C’est un acte de souveraineté individuelle. C’est reconnaître que nous avons une seule vie à vivre et qu’elle mérite d’être vécue selon nos valeurs, pas selon la peur ou le chantage émotionnel collectif.

Et si une société rejette ses dissidents au lieu de se remettre en question, c’est qu’elle a peut-être perdu la capacité de se réformer.

VII. Conclusion : la vraie loyauté, c’est de dire la vérité

Critiquer le Québec ne veut pas dire qu’on ne l’aime pas.
C’est précisément par amour pour la liberté, la vérité et l’excellence, qu’il faut être capable de regarder notre modèle en face, et de dire :

Non, ce n’est pas parfait ici.
Oui, ça va mal.
Et oui, il y a des alternatives meilleures, ailleurs.

Plutôt que de répéter « va te faire soigner ailleurs », osons poser la vraie question :
Pourquoi refuse-t-on de faire mieux ici ?


📚 Références utiles

  • Institut Fraser (2023) – Waiting Your Turn: Wait Times for Health Care in Canada
  • INSPQ (2024) – Données sur l’accès à un médecin de famille
  • OCDE (2023) – Health at a Glance
  • Institut économique de Montréal – Les monopoles en santé : une comparaison Québec vs. monde

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