📰 Qui a peur de Rebel News ?

Le journalisme indépendant en péril au Canada

Dans un pays libre, la presse est libre. Dans un pays contrôlé, seuls les médias approuvés par l’État peuvent poser des questions.

Depuis quelques années, Rebel News, un média indépendant controversé mais persévérant, se heurte à un mur qui se consolide : l’État canadien. Pour la troisième fois, le gouvernement fédéral leur refuse l’accès à un événement politique majeur, cette fois, le sommet du G7 en Alberta. Les deux fois précédentes, Rebel News avait obtenu une injonction d’urgence des tribunaux pour forcer leur présence lors des débats des chefs en 2019 et 2021.

En 2025, une question cruciale s’impose : qui décide de qui a le droit d’informer le public?

📌 Trois refus, un même message : « Vous n’êtes pas des nôtres »

Rebel News, établi depuis 2015 avec des journalistes sur le terrain, des enquêtes originales et un lectorat engagé, est systématiquement exclu des événements gouvernementaux d’importance nationale. Le motif invoqué ? Ce ne serait « pas un vrai média ».

Cette rhétorique se répète à l’identique depuis les débats fédéraux précédents jusqu’au G7 actuel. Pourtant, les tribunaux leur ont donné raison à deux reprises, affirmant que leur exclusion violait la liberté de presse. Le gouvernement récidive donc en toute connaissance de cause.

Il ne s’agit plus d’un débat sur la qualité éditoriale de leur contenu, que chacun est libre d’apprécier ou non, mais d’une tentative délibérée d’exclusion politique d’un média critique.

🎧 Qu’est-ce qu’un « vrai » journaliste, au juste ?

Un journaliste n’a besoin ni d’une carte gouvernementale ni du tampon d’un ministère. Il lui faut :

  • Enquêter sur les faits
  • Les vérifier rigoureusement
  • Les publier de façon responsable
  • Et surtout, agir sans crainte du pouvoir

Dans les faits, Rebel News répond à ces critères. Ils couvrent des événements, interrogent des politiciens, produisent du contenu original et exposent des angles négligés par les grands réseaux. Ils remplissent leur rôle de journalistes indépendants, qu’on les apprécie ou non.

Ce que certains appellent un « vrai journaliste », c’est souvent un professionnel issu d’un média subventionné, accrédité, intégré au système. Or, si le gouvernement peut définir arbitrairement qui est journaliste, alors la presse devient une extension du pouvoir, et non un contre-pouvoir.

💰 La presse subventionnée, c’est la presse domestiquée

Au Canada, l’État finance massivement l’information. Il le fait directement par des programmes de subventions, comme le crédit d’impôt pour le journalisme, et indirectement via des médias d’État comme Radio-Canada, qui reçoit plus d’un milliard de dollars annuellement en fonds publics.

Le message est limpide : ceux qui entrent dans le moule reçoivent les ressources, les autres se débrouillent.

Contrairement aux affirmations répandues, Rebel News ne refuse pas les subventionsils n’y ont simplement pas droit. Leurs positions éditoriales tranchées, leur ton militant et leur indépendance affichée les rendent inadmissibles aux yeux d’un État qui sélectionne ses interlocuteurs.

Cette situation crée une inégalité fondamentale :

  • Les médias subventionnés peuvent rémunérer leurs journalistes, déployer des équipes sur le terrain et produire du contenu de qualité
  • Les médias indépendants doivent survivre uniquement grâce aux dons de leurs lecteurs, tout en se voyant interdire l’accès aux événements cruciaux

En démocratie, l’État ne devrait jamais choisir qui peut poser des questions. Car une presse qui dépend du pouvoir pour survivre n’en est plus une, c’est une agence de relations publiques pour le régime en place.

⚠️ Quand l’État choisit les journalistes, la démocratie s’étiole

Le Canada se présente souvent comme une démocratie exemplaire. En réalité, il s’agit d’une monarchie constitutionnelle où le Premier ministre détient un pouvoir disproportionné, et où les contre-pouvoirs s’amenuisent d’année en année.

La presse, qui devrait servir de garde-fou, est progressivement domestiquée. Ceux qui osent poser des questions dérangeantes, comme Rebel News, sont méthodiquement écartés.

Refuser l’accès d’un média indépendant à un événement comme le G7, c’est priver les citoyens d’un regard alternatif sur ce qui s’y déroule. C’est un geste politique lourd de conséquences, qui révèle une volonté de contrôler le récit plutôt que de l’éclairer.

🧱 Appel à la vigilance citoyenne

Nul besoin d’apprécier Rebel News pour défendre leur droit fondamental d’exister et de questionner.
En réalité, c’est précisément quand un média dérange qu’il devient indispensable.

Car aujourd’hui, c’est Rebel News.
Demain, ce sera peut-être un autre média indépendant.
Et après-demain, ce seront vos idées, vos publications, vos opinions.

L’État n’a aucune légitimité morale pour déterminer qui mérite le titre de journaliste. Le seul juge valable, dans une société libre, c’est le public.


📌 L’essentiel à retenir :

  • Rebel News est exclu du G7 par le gouvernement, comme lors des précédents débats des chefs
  • L’État s’arroge le droit de définir qui est « vrai journaliste »
  • La presse subventionnée devient docile tandis que la presse libre est ciblée
  • Un gouvernement qui sélectionne ses journalistes n’est pas démocratique, mais autoritaire
  • La liberté d’expression est indivisible, si elle ne protège pas ceux qu’on déteste, elle ne protège personne

La liberté de presse n’est pas un privilège accordé par l’État, mais un droit fondamental qui lui préexiste. Quand ce droit s’érode, c’est toute la démocratie qui chancelle.

Le Volontariste
Auteur libre et penseur insoumis
Pour la liberté de penser, sans permission ni condition.

No responses yet

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *