La guerre pour le fusil de l’État : quand gauche et droite refusent d’agir librement
Dans le grand théâtre de la politique moderne, il est facile de se laisser emporter par le décor : partis en conflit, idéologies opposées, promesses en duel. On nous dit que la gauche lutte pour la justice sociale tandis que la droite défend la liberté. Que les uns veulent protéger les opprimés, les autres préserver l’ordre. Mais une fois les projecteurs éteints et les discours terminés, que reste-t-il vraiment de cette opposition?
Un simple fusil.
Ce fusil, c’est l’État. Une arme métaphorique, certes, mais bien réelle dans ses effets : lois, règlements, amendes, prisons. Chaque camp ne cherche pas à désarmer l’adversaire, mais à mettre la main sur cette arme pour la braquer sur les autres au nom de sa propre vision du bien. C’est une lutte pour le pouvoir de contraindre. Et chaque élection, chaque campagne, chaque manifestation, chaque scandale médiatisé n’est qu’un épisode de plus dans cette guerre d’influence pour décider qui aura le doigt sur la gâchette.
Et si, plutôt que de se battre pour contrôler ce fusil, on refusait simplement de s’en servir?
Et si la prochaine évolution sociale n’était pas une prise de pouvoir, mais une libération de toute coercition?
L’illusion d’un choix : même outil, même méthode
Gauche et droite, nous dit-on, sont irréconciliables. Pourtant, elles partagent un point central : le recours systématique à l’État comme instrument de changement.
La gauche se présente comme la voix des opprimés. Elle veut redistribuer les richesses, garantir l’égalité des chances, protéger les minorités. Mais pour y arriver, elle ne compte pas sur la générosité volontaire, la solidarité organique ou la coopération libre. Non, elle exige la création de lois, la mise en place de taxes, de programmes, de quotas, autant de mécanismes imposés à tous, que vous soyez d’accord ou non. Son moteur, c’est l’obligation légale.
La droite, quant à elle, prétend défendre la liberté, l’ordre et la responsabilité. Elle condamne les excès de l’État providence, promeut l’initiative privée, la famille, la nation. Mais elle n’hésite pas non plus à recourir aux lois autoritaires, aux interventions policières, aux frontières renforcées, aux normes culturelles imposées. Elle aussi veut imposer un ordre par le haut, souvent au nom de la morale ou de la tradition.
Dans les deux cas, ce n’est pas la persuasion ni l’exemple qui servent de levier, mais la force légale. Le débat n’est pas sur la méthode, mais sur l’objectif de la contrainte.
Qui contrôlera le canon? Qui décidera sur qui il sera pointé cette fois-ci?
Des milliards pour maintenir l’illusion
Ce jeu de pouvoir est extrêmement coûteux. Partis politiques, groupes de pression, think tanks, organisations militantes, tous investissent des ressources colossales pour participer à cette guerre d’influence.
Rien qu’au Canada, les partis majeurs dépensent des dizaines de millions à chaque cycle électoral. Aux États-Unis, les élections présidentielles atteignent désormais les 14 milliards de dollars. Et cela sans compter les coûts indirects : mobilisation de bénévoles, production médiatique, campagnes de désinformation, batailles judiciaires.
Tout cela pour quoi? Pour élire quelques personnes qui, une fois au pouvoir, imposeront des lois à la moitié de la population qui n’a pas voté pour elles. Des lois qui interdiront, obligeront, sanctionneront. Rien de cela n’est productif. Rien de cela ne construit une école, ne nourrit un enfant, n’enseigne une compétence, ne soigne une maladie.
Ce sont des ressources perdues, canalisées non pas vers l’action concrète, mais vers la conquête du levier coercitif.
Et si on faisait les choses… sans permission ?
Imaginons un instant un monde différent.
Un monde où, au lieu de quémander du pouvoir pour imposer leurs idées, les militants passaient à l’action libre. Où la gauche, au lieu d’exiger plus d’impôts pour les pauvres, lançait des coopératives d’habitation, des cliniques gratuites, des réseaux alimentaires citoyens. Où la droite, au lieu de vouloir criminaliser l’irresponsabilité, finançait des écoles d’autonomie, des projets d’entraide, des centres de formation à la résilience.
Tout cela est possible. Maintenant. Sans permission. Sans État.
Des exemples existent déjà :
- Des écoles alternatives comme Sudbury ou Montessori
- Des mutuelles de santé en modèle associatif
- Des monnaies communautaires
- Des communautés intentionnelles autogérées
Ce n’est donc pas l’impossibilité technique qui bloque ces mouvements. C’est le refus de la voie difficile mais honnête de la construction libre, remplacée par le fantasme du pouvoir immédiat par la loi.
La vraie nature des idéologues
C’est ici que le masque tombe.
Car si une idée est vraiment bonne, elle devrait pouvoir vivre sans être imposée. Elle devrait convaincre par son efficacité, attirer par sa beauté, inspirer par son exemple. Or, les idéologues préfèrent la loi à la responsabilité, l’État à l’engagement, le pouvoir à l’action.
Pourquoi?
Parce qu’ils veulent dominer.
Derrière leurs discours moraux, ils cachent un besoin de contrôle. Ils ne veulent pas convaincre les autres de rejoindre leur projet. Ils veulent les forcer à obéir. Ce sont des dictateurs en culottes courtes, rêvant de gouverner au nom du bien, sans jamais se salir les mains à bâtir ce qu’ils prêchent.
Ils ne veulent pas une société libre. Ils veulent être ceux qui en dessinent les contours.
Une évolution à notre portée
Pourtant, l’Histoire nous offre aujourd’hui une chance unique.
L’agriculture a libéré notre temps. L’industrialisation a libéré nos corps. Aujourd’hui, les technologies modernes peuvent libérer notre organisation sociale.
Nous avons à portée de main :
- Des outils de coordination décentralisés
- Des systèmes d’échange sans intermédiaire
- Des modèles d’autonomie énergétique, alimentaire, éducative
- Des plateformes de production, d’information, de collaboration horizontale
Tout ce que l’État prétend faire pour nous, nous pouvons le faire entre nous, mieux, plus vite, sans violence.
Mais cette possibilité vient avec une échéance. Les mêmes outils peuvent, et sont déjà, utilisés pour centraliser, surveiller, uniformiser, dominer :
- Identité numérique obligatoire
- Monnaies numériques contrôlées
- Censure algorithmique automatisée
- Contrôle social dissimulé sous les algorithmes
Si nous n’agissons pas maintenant, nous échouerons une fois de plus à libérer l’humain, et nous aurons créé l’esclavage le plus insidieux de l’histoire : un esclavage volontaire, numérisé, confortable et absolu.
Le volontarisme : une réponse adulte au monde
Face à cette réalité, une seule voie sérieuse se dégage : le volontarisme.
Le volontarisme n’est pas un slogan. C’est une philosophie cohérente : toute relation humaine doit être librement consentie.
Aucune loi ne peut remplacer la responsabilité. Aucune élection ne peut justifier la contrainte. Aucune majorité ne peut abolir la liberté individuelle.
Agir librement, c’est construire sans permission. C’est créer sans écraser. C’est coopérer sans dominer. C’est vivre avec ceux qui le veulent, sans soumettre ceux qui ne le veulent pas.
Le volontarisme n’a pas besoin de pouvoir. Il a besoin de courage.
Es-tu prêt ?
Alors que l’ancien monde s’accroche à ses illusions de contrôle et que le nouveau monde lutte pour naître, une question simple se pose à chacun de nous :
Es-tu un rêveur du pouvoir ou un bâtisseur libre? Attends-tu encore le bon maître, ou es-tu prêt à devenir ton propre guide? Penses-tu que la liberté peut être votée, ou comprends-tu enfin qu’elle doit être vécue?
La véritable révolution commence quand tu arrêtes de vouloir contrôler les autres et que tu commences à te libérer toi-même.
Le fusil de l’État n’a de pouvoir que si tu acceptes d’en faire partie.
Tu veux un monde meilleur? Alors construis-le.
Pas avec des lois. Mais avec tes mains, ta tête, ton cœur. Et surtout, avec ceux qui choisissent de marcher avec toi. Librement.
Le Volontariste
Auteur libre et penseur insoumis
Pour la liberté de penser, sans permission ni condition.


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