Le Bien Commun : L’Arnaque Morale Qui Sacrifie l’Humain
Le « bien commun ». Voilà une expression qui semble noble, presque sacrée. Elle résonne dans les discours politiques, les éditoriaux, les couloirs des administrations, les manifestations de tous bords… comme un mot magique qui justifie tout et désarme toute opposition. Et c’est bien là le problème.
Le bien commun n’est pas ce qu’on croit. Ce n’est pas une valeur supérieure, ni un principe universel gravé dans le marbre de la morale. C’est un concept flou, malléable, instrumentalisé pour faire taire les objections et sacrifier l’individu sur l’autel du collectif. Et aujourd’hui, plus que jamais, il est accepté sans remise en question, avec une docilité qui confine à la complaisance. C’est peut-être ça, le plus inquiétant de notre époque.
L’arbre et la forêt : ce qui est réel, ce qui est illusion
Qu’est-ce qui est réel? L’arbre… ou la forêt?
La forêt n’existe pas concrètement. C’est une idée, une abstraction, une construction mentale pratique mais artificielle. Ce qui existe vraiment, ce sont les arbres. On peut les toucher, les mesurer, les couper, sentir leur écorce sous nos doigts. De même, dans une société, ce ne sont pas les abstractions qui vivent et souffrent, mais les individus, avec leurs joies, leurs peines, leurs espoirs, leurs craintes.
Et pourtant, on coupe des arbres « pour le bien de la forêt ». On sacrifie des individus « pour le bien commun ».
Mais l’humain n’est pas un arbre. Il est conscient de son existence, conscient de sa mortalité. Il ressent la douleur et la joie. Il aspire à la liberté, à l’épanouissement, à la dignité, à laisser une trace de son passage sur terre. L’histoire est pleine de moments où l’on a oublié cette vérité élémentaire et les conséquences furent tragiques, à une échelle que l’humanité peine encore à comprendre.
Le bien commun comme arme politique
Le bien commun est l’un des plus puissants outils de manipulation idéologique jamais inventés. Il permet à une élite, ou à une majorité, d’imposer sa vision du monde à tous les autres, sans se sentir coupable, sans même se remettre en question. Car ce n’est pas pour leur propre intérêt, voyons. C’est pour le bien commun, pour l’intérêt général, pour le salut de tous…
Cette rhétorique a une efficacité redoutable parce qu’elle transforme l’oppression en vertu morale.
C’est au nom du bien commun que l’on a rationné, censuré, enfermé, déporté, rééduqué, tué. C’est au nom du bien commun que les régimes totalitaires ont écrasé les consciences individuelles. C’est au nom du bien commun que des populations entières ont été sacrifiées sur l’autel d’idéologies prétendument supérieures.
URSS, Allemagne nazie, Chine maoïste, Cambodge de Pol Pot, Cuba castriste… Les pires atrocités de l’histoire récente ont été commises par des États qui prétendaient agir pour le collectif. Mais un collectif qui ne se définit jamais clairement, sinon par ceux qui parlent en son nom et s’arrogent le droit de décider pour tous les autres.
Après l’horreur : le réveil par les droits individuels
La Seconde Guerre mondiale et ses horreurs industrielles ont forcé l’humanité à ouvrir les yeux sur ses propres abîmes. Des millions d’êtres humains ont été broyés par des régimes qui prétendaient défendre le bien commun, la race, la classe, la nation. Et dans la foulée de cette prise de conscience douloureuse, une réaction salutaire a vu le jour : la reconnaissance solennelle des droits individuels.
Déclaration universelle des droits de l’homme, Charte des Nations Unies, pactes internationaux, conventions diverses… Tous ces textes n’ont qu’un objectif : rappeler que l’individu est sacré, qu’il est la seule véritable unité morale de la société, que sa dignité est inviolable. Qu’on ne peut pas justifier l’injustifiable par un prétendu intérêt collectif, aussi noble soit-il en apparence.
Ces chartes ne sont pas parfaites, bien sûr. Elles ont été récupérées, parfois vidées de leur sens, instrumentalisées à leur tour. Mais leur message fondamental reste limpide : sans respect absolu de l’individu, il n’y a pas de société juste possible.
Et pourtant… le piège se referme de nouveau
Aujourd’hui, le discours sur le bien commun revient en force, plus insidieux que jamais. On l’entend dans les médias, dans les écoles, dans les parlements, dans les réseaux sociaux. On nous dit qu’il faut limiter nos libertés pour la sécurité, pour l’environnement, pour la santé publique, pour l’économie, pour l’inclusion, pour la planète, pour la paix sociale… pour le bien commun.
Et la majorité, aveuglée par la peur ou engourdie par le confort, acquiesce sans broncher.
Ce consensus mou est dangereux. Car plus personne ne se demande : « Qui définit ce bien commun? Selon quels critères? Et à quel prix humain? » Quand une idée devient intouchable, sacralisée, mise à l’abri de toute critique, elle devient dangereuse. C’est une leçon que l’histoire nous a pourtant enseignée à maintes reprises.
Le volontarisme : bâtir ensemble sans sacrifier personne
Il est possible d’avoir des projets collectifs sans oppression. Il est possible de coopérer, de créer, de s’unir, de construire quelque chose de plus grand que soi, sans qu’aucun individu ne soit écrasé, sans que personne ne soit contraint ou manipulé.
Mais cela exige une base simple et non négociable : le consentement libre et éclairé.
Le vrai bien collectif ne peut émerger que d’une somme de libertés individuelles respectées et d’initiatives volontaires. C’est la force du volontarisme : chacun contribue librement, selon sa conscience, ses valeurs, ses moyens, ses aspirations. Personne n’impose sa vision aux autres. Personne ne subit les décisions prises par d’autres en son nom.
C’est ainsi que naît une vraie forêt; une forêt vivante, diverse, résiliente, où chaque arbre pousse selon sa nature propre, où la beauté naît de la diversité plutôt que de l’uniformité imposée.
Ne plus se laisser piéger par les mots
Le bien commun est une idée séduisante, mais elle devient vite une arme redoutable quand on l’arrache à sa base volontaire, quand on en fait un absolu qui transcende les individus concrets.
L’arbre est réel. La forêt est une image. L’individu est réel. Le bien commun est une abstraction.
Et chaque fois que l’on sacrifie un être humain pour sauver un concept, chaque fois que l’on justifie l’injustice par un prétendu intérêt supérieur, c’est notre humanité elle-même que l’on détruit, petit à petit, jusqu’à ne plus reconnaître ce que nous sommes devenus.
Il est temps de retrouver le sens des priorités : l’humain d’abord, toujours.
Le Volontariste
Auteur libre et penseur insoumis
Pour la liberté de penser, sans permission ni condition.


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