L’État n’est pas le gardien de vos valeurs

Quand la politique se fait morale

Chaque fois que le pouvoir politique prétend incarner des « valeurs communes », il sort de son rôle. Ce n’est plus le droit qui encadre nos libertés, mais la morale changeante de ceux qui occupent momentanément le pouvoir.

Et ce glissement est dangereux. Parce qu’un principe aussi flou que les « valeurs » peut tout justifier.

Montréal, Sean Feucht et le nouveau rôle du pouvoir

À Montréal, on a vu la manie de l’État moraliste s’exprimer en pleine lumière avec l’affaire Sean Feucht. Peu importe ce qu’on pense de lui, l’administration a jugé que son discours n’était « pas compatible » avec les valeurs de la Ville. Pas de menace réelle. Pas de trouble concret. Simplement une opinion qui dérangeait.

C’est le signe qu’on ne parle plus de droit, mais de confort idéologique. Et que l’appareil politique croit légitime d’intervenir sur ce terrain.

Les valeurs ne s’imposent pas par décret

Les vraies valeurs communes ne naissent pas de communiqués officiels. Elles se forgent dans la vie réelle: familles, communautés, débats, traditions, confrontations d’idées.
Quand l’État impose une morale, il ne crée pas de consensus. Il fabrique des divisions. Parce que ceux qui ne se reconnaissent pas dans la ligne officielle deviennent immédiatement des ennemis intérieurs.

Quand l’histoire bégaye

Ce n’est pas la première fois qu’on assiste à cette dérive.

  • URSS: au nom des « valeurs socialistes », la dissidence était criminalisée. Tout propos critique était assimilé à une trahison contre l’unité du peuple. Résultat : une société bâillonnée pendant des décennies.
  • Allemagne nazie: les « valeurs du peuple » étaient brandies comme justification à la censure, à la persécution et à l’exclusion. On prétendait protéger l’unité nationale, mais en réalité, on écrasait la liberté.
  • Chine actuelle: les « valeurs socialistes » sont imposées jusque dans les familles. Les citoyens doivent répéter la ligne du Parti sous peine d’effacement social.

À chaque fois, la mécanique est la même: un pouvoir qui se donne le monopole de la morale se donne, par le fait même, le droit de supprimer toute voix discordante.

Canada 2020–2025 : la pente déjà entamée

Ce parallèle peut sembler extrême pour les ignorants. Mais regardons de plus près ce qui s’est passé chez nous ces dernières années.

  • Covid: au nom de la « solidarité » et du « vivre ensemble », des citoyens ont été exclus de la vie sociale pour avoir refusé une injection. La morale officielle a remplacé la liberté individuelle.
  • Camionneurs: des travailleurs ordinaires qui contestaient des mesures jugées abusives ont été dépeints comme des ennemis du bien commun. Le gel de leurs comptes bancaires a été justifié comme une « protection de nos valeurs ».
  • Culture et censure: des artistes, des penseurs, des chrétiens, des critiques du régime sanitaire ont été marginalisés ou déprogrammés, non pas pour menace ou violence, mais pour incompatibilité avec la morale officielle.
  • Identité nationale: on brandit sans cesse des valeurs « canadiennes » ou « québécoises » comme si elles étaient figées et incontestables. En réalité, elles sont utilisées comme armes politiques pour exclure ceux qui pensent autrement.

Le mécanisme est exactement le même que dans les régimes qu’on prétend abhorrer.

L’arbitraire remplace le droit

Un État qui se croit porteur de valeurs ne se contente plus de faire respecter des règles claires. Il punit ou récompense selon la conformité idéologique. Le citoyen ne vit plus dans un cadre juridique stable, mais dans un climat d’incertitude, où tout dépend de la morale changeante des élites.

Aujourd’hui, vous pouvez être banni pour vos propos. Demain, pour vos fréquentations. Après-demain, pour vos croyances personnelles.

Et chaque étape est toujours justifiée par la même formule: « nos valeurs ».

Le rôle légitime du pouvoir

Un État légitime ne doit pas avoir de valeurs. Il doit garantir les libertés: expression, association, circulation, propriété. C’est dans cet espace libre que les valeurs réelles se forment.

Un État qui prétend incarner une morale ne protège plus. Il agresse.

La responsabilité de nos valeurs

Les valeurs n’appartiennent pas à un gouvernement. Elles appartiennent aux individus qui les vivent et les transmettent. Familles, cercles d’amis, associations, communautés locales: voilà les lieux où elles prennent racine.

Si vous voulez défendre vos valeurs, cessez de demander à l’État de le faire. Vivez-les. Transmettez-les. Construisez-les avec vos proches.

Un peuple qui remet ses valeurs entre les mains du pouvoir finit toujours par se les faire confisquer.

La voie volontariste

Si les valeurs communes ne peuvent pas être décrétées par l’État, elles doivent être vécues et choisies par les individus. C’est là que le volontarisme offre une vraie réponse.
Au lieu de confier au pouvoir politique la mission impossible de définir ce que nous devrions croire ou partager, il suffit de bâtir nos propres cercles de vie, nos associations libres, nos communautés volontaires. Là, les valeurs émergent naturellement, sans contrainte ni censure.

Dans un cadre volontaire, personne n’impose sa morale par la force. Chacun choisit avec qui il veut vivre, échanger, travailler. Les valeurs ne sont plus des slogans politiques, mais des pratiques réelles, incarnées par ceux qui les assument.

C’est la seule façon de préserver la liberté et de garantir que nos valeurs restent nôtres. Pas celles d’un maire, d’un ministre ou d’un parti. Les nôtres, librement partagées, librement vécues.

✍️ Le Volontariste

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