La diabolisation comme outil politique : réflexions après l’assassinat de Charlie Kirk
Je le répète souvent: je méprise la dichotomie gauche-droite. Ce clivage n’est rien d’autre qu’un outil de division, un mécanisme qui oppose artificiellement les peuples pour mieux les contrôler. Pourtant, quand un événement tragique secoue l’opinion publique, il est intéressant et nécessaire d’analyser les réactions qu’il suscite. Non pas pour tomber dans le piège partisan, mais pour comprendre comment la manipulation idéologique opère.
Opinion politique vs apologie de la violence
Avoir une opinion politique, même tranchée, n’a jamais été un problème. On peut dire : « Je soutiens Trump », « Je déteste Polievre », « Je rejette l’idéologie du genre », ou encore « Je critique les politiques conservateurs ». Ces positions sont parfois polarisantes, mais elles restent dans le domaine du débat.
Le problème survient quand on franchit la frontière pour applaudir la mort d’un adversaire. Quand on lit des phrases comme « Bien fait, il a eu ce qu’il méritait » ou « Une balle bien placée, et le monde est mieux ainsi », on n’est plus dans la discussion. On est dans la célébration du meurtre. On valide la violence comme solution politique.
Et c’est exactement ce que l’on voit dans certaines réactions au Québec, où des élus ou des commentateurs instrumentalisent ce drame pour salir la mémoire de l’homme plutôt que de condamner l’acte.
Exemple probant : le texte d’Alexandre Dumas
Un exemple frappant est le texte publié par Alexandre Dumas. En apparence, il commence bien : « Un meurtre n’est jamais justifié. » Mais dès la ligne suivante, il déroule une série d’accusations invérifiables : Kirk aurait encouragé la violence contre les homosexuels, réclamé la lapidation, refusé des droits aux minorités, exigé qu’une fillette mène une grossesse issue d’un viol, et ainsi de suite.

Or, ces affirmations sont fausses, sorties de leur contexte ou inventées :
- Prêché la haine et la violence → Faux. Il défendait des positions conservatrices, critiquables certes, mais il n’a jamais appelé au meurtre.
- Réclamé la lapidation des LGBTQ+ → Faux. Aucune trace de ce propos. C’est une fabrication.
- Discours haineux envers Noirs, musulmans et Juifs → Faux. Il a critiqué des idéologies et des mouvements politiques, pas des peuples ou des races.
- Exigé qu’une enfant mène à terme une grossesse issue d’un viol → Fausse caricature de sa position pro-vie stricte.
- Accepté les fusillades comme “prix à payer” → Déformation grossière. Il défendait le droit constitutionnel aux armes, pas les fusillades.
Ce texte illustre parfaitement la mécanique: dire condamner le meurtre d’une main, et de l’autre justifier implicitement ceux qui s’en réjouissent en transformant la victime en monstre.
La technique de diabolisation de la gauche
Ce cas n’est pas isolé. Il révèle une méthode devenue courante:
- Coller toutes les haines du monde sur une seule personne.
- Fabriquer ou déformer des citations pour l’associer au mal absolu.
- Répéter ces mensonges jusqu’à ce qu’ils paraissent vrais.
- Conclure que, puisque c’était un monstre, sa mort est une bonne chose.
C’est ce que décrit Mathieu Bock-Côté: la gauche radicale finit par croire à ses propres mensonges et par se convaincre que ses adversaires ne méritent même plus la dignité humaine.
La récupération politique au Québec
Au Québec, la récupération ne s’est pas fait attendre. Ruba Ghazal (Québec solidaire) a profité de l’événement pour pointer du doigt Donald Trump, comme si un président américain portait la responsabilité directe de la haine dans nos sociétés. Cette manœuvre détourne l’attention de l’acte lui-même; un assassinat politique, pour renforcer un récit partisan.
Quant aux médias, plusieurs ont préféré reprendre des accusations douteuses plutôt que d’examiner sobrement les faits. La victime devait apparaître non pas comme un homme assassiné, mais comme un symbole toxique dont la disparition ne méritait ni respect ni compassion.
Les dangers de ce climat
Lorsqu’une société banalise la haine et justifie la mort de ses opposants, elle s’engage sur une pente dangereuse. Aujourd’hui, on applaudit la mort d’un conservateur américain. Demain, ce sera un dissident québécois. Après-demain, ce sera quiconque sort du récit dominant.
La logique est toujours la même: on commence par tuer symboliquement avec des mensonges, puis on accepte que certains passent à l’acte. Dans un tel climat, la liberté d’expression se réduit, non par des lois explicites, mais par la peur: peur de perdre son emploi, sa réputation, ou même sa sécurité pour avoir pensé différemment.
La propriété commune de la vérité
Ce drame nous rappelle une chose essentielle: lorsqu’une société en vient à normaliser l’applaudissement de la mort d’un adversaire, elle franchit une ligne rouge. On ne parle plus de désaccord, mais d’une culture de haine qui légitime la violence politique.
La mécanique est toujours la même: inventer des mensonges pour diaboliser, les répéter jusqu’à ce qu’ils paraissent vrais, puis excuser ceux qui se réjouissent du meurtre.
Mais la véritable priorité de chacun ne devrait pas être celle d’imposer sa « vérité » aux autres. Elle devrait être, collectivement, la recherche sincère de la vérité commune. Une vérité qui ne se forge pas par la violence, ni par la propagande, mais par le dialogue et l’honnêteté.
La gauche et la droite, avec leurs guerres de tranchées, ne servent qu’à diviser et contrôler. Ce qui peut encore nous unir, c’est ce bien commun qu’est la quête de vérité. Refuser ce chemin, c’est accepter que le mensonge devienne la norme et que la violence remplace le débat.
En définitive, une société libre et digne ne se mesure pas à sa capacité de faire taire ou de détruire ses opposants, mais à sa capacité de chercher ensemble ce qui est vrai, même lorsque c’est inconfortable.
✍️ Le Volontariste


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