La charité n’est pas un impôt
Pourquoi nourrit-on les prisonniers, mais pas les sans-abri?
La réponse paraît simple, mais elle révèle tout le malaise moral d’une société qui a remplacé la responsabilité par la gestion, et la compassion par la paperasse.
Les prisonniers nourris, les libres abandonnés
On nourrit les prisonniers parce qu’ils appartiennent à l’État.
Ils sont sous sa garde, sa juridiction, sa responsabilité légale. Ne pas les nourrir serait une faute administrative, un affront aux droits de l’homme.
Mais les sans-abri, eux, n’appartiennent à personne.
Ils ne sont pas «pris en charge», ils ne font pas partie d’un programme, ils n’ont pas de dossier.
Et c’est là le drame: dans notre monde moderne, l’aide suit le contrôle.
On nourrit ceux qu’on détient, pas ceux qu’on ignore.
La compassion n’est plus un élan du cœur, c’est une ligne budgétaire.
L’illusion du bien-être social
Certains répondront: «L’État aide les pauvres, il y a des programmes, du bien-être social, des subventions.»
Oui, mais cette aide est conditionnelle à la soumission.
Le bien-être social n’est pas un acte d’amour collectif. C’est un contrat de dépendance.
Tu veux ton chèque? Alors prouve ta pauvreté, coche les bonnes cases, fournis les bons papiers.
Et surtout, reste dans le système.
Ne sors pas du cadre, ne cherche pas à exister en dehors.
L’État n’aide pas les pauvres pour les libérer, mais pour les garder dociles.
Un citoyen autonome ne rapporte rien.
Un dépendant, lui, justifie l’existence de tout un ministère.
Les nouveaux damnés du confort
Mais il y a pire: aujourd’hui, une partie des sans-abri ne sont même pas des marginaux volontaires.
Ce sont les victimes directes de la crise économique et sociale qu’a fabriquée l’État canadien.
Ils avaient une maison, une voiture, un travail, une famille.
Ils ont payé leurs impôts, respecté la loi, fait tout «comme il faut».
Puis la machine les a broyés:
- inflation galopante,
- explosion du coût du logement,
- taxation record,
- taux d’intérêt qui étranglent,
- perte d’emploi,
- injustice raciale institutionnalisée par les programmes DEI,
- et pour plusieurs, les fermetures absurdes de la pandémie.
Ces gens ont tout perdu, non pas par refus du système, mais à cause du système.
Leur personne juridique existe encore, quelque part dans un serveur de Revenu Canada, mais leur réalité, elle, s’est effacée.
Ils sont devenus les fantômes administratifs d’une société qui préfère regarder ailleurs.
Et comme l’État ne peut pas les «encadrer», il ne sait pas quoi en faire.
Il ne peut pas les nourrir sans reconnaître sa faute, alors il les efface.
On parle d’itinérance, de dépendance, de santé mentale, mais jamais de responsabilité politique.
L’État-providence : un masque de vertu
Autrefois, la charité était une vertu.
C’était une responsabilité personnelle, un acte de conscience.
Aider quelqu’un dans le besoin, c’était exercer son humanité.
Puis l’État a décidé de s’approprier cette mission.
Il a transformé la charité en impôt.
Et ce faisant, il a détruit la vertu dans le cœur des gens.
Aujourd’hui, la majorité se dit:
«Je paie mes taxes, c’est au gouvernement de s’en occuper.»
Mais l’État n’a pas de cœur. Il n’a que des formulaires.
Il ne donne pas, il redistribue ce qu’il a pris de force.
Et cette redistribution ne crée pas la solidarité, elle dilue la responsabilité.
Personne ne se sent coupable, mais personne ne se sent responsable non plus.
Le minarchisme : l’État à sa place
Le rôle légitime de l’État, c’est la protection.
Protéger les citoyens contre la violence, le vol, l’injustice.
C’est pour ça qu’il y a une armée, une police, une justice.
Le reste, la santé, l’éducation, l’aide, la culture, la charité, devrait appartenir à la société civile, à la liberté, à la volonté.
Parce que chaque fois que l’État se mêle de morale, il transforme le bien en outil de pouvoir.
Il fait de la bonté une obligation.
Et une vertu imposée cesse d’être une vertu.
C’est le principe minarchiste:
L’État doit être assez fort pour protéger la liberté, mais trop faible pour la remplacer.
La vraie question morale
Ce qu’il faut se demander, ce n’est pas pourquoi l’État ne nourrit pas les sans-abri.
C’est pourquoi nous avons accepté de lui déléguer ce devoir.
Pourquoi avons-nous cru que la charité pouvait être gérée par décret?
Pourquoi croyons-nous qu’un formulaire vaut mieux qu’une main tendue?
Les sociétés libres ne se mesurent pas à la taille de leur gouvernement,
mais à la grandeur de leurs citoyens.
La vertu n’a pas besoin de ministère
Tant qu’on croira que c’est le rôle de l’État de «prendre soin», on continuera à produire des dépendants, des exclus et des sans-abri, tout en se félicitant de notre «compassion collective».
La vérité est simple:
Une société qui remplace la charité par la taxation finit toujours par nourrir ses prisonniers et affamer ses libres.
Et si on veut vraiment redevenir humains, il faudra recommencer à aimer sans formulaire.
✍️ Le Volontariste


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