Le mensonge fondateur : droits sur papier, coercition dans la réalité
Il y a des jours où on regarde la société autour de nous et on se demande si tout le monde est fou ou si c’est juste nous qui restons lucides. Cette impression étrange que quelque chose cloche, que les mots ne veulent plus dire ce qu’ils disaient, que les institutions qui prétendaient nous servir se servent elles-mêmes. Une sensation persistante que la logique, celle qu’on nous enseignait à l’école, a été rangée dans un tiroir avec les encyclopédies. On vit dans un pays où le décor officiel dit une chose, tandis que la mécanique réelle dit l’inverse. Et la majorité flotte entre les deux sans s’en rendre compte.
Tu regardes le préambule de nos lois et c’est noble.
C’est beau.
On dirait presque de la philosophie grecque.
«Tous les êtres humains sont égaux en valeur et en dignité.»
Une phrase qui pourrait être gravée sur un monument.
Mais quand tu compares ça avec la réalité du terrain, la phrase ressemble soudain à un autocollant collé sur une poubelle. Une décoration qui fait joli, mais qui ne change pas ce qu’il y a dedans.
Parce que l’égalité proclamée ne se retrouve nulle part dans l’application.
Dans les faits, la société canadienne fonctionne avec des catégories juridiques, des régimes différents, des statuts spéciaux, des exemptions fiscales, des obligations différentes selon qui tu es, où tu vis, ce que tu possèdes, ce que tu représentes pour l’État.
Tout ça dans un pays qui affirme que tous les humains sont égaux.
Déjà là, l’incohérence saute aux yeux.
Et là, on te parle de dignité. De valeur intrinsèque.
Puis on ajoute juste après que ces droits sont «les fondements de la justice, de la paix et de la liberté». C’est écrit. Pas dans un pamphlet de motivation. Dans les textes fondateurs du pays.
Selon leur logique, si tu veux une justice réelle, il faut respecter ces droits.
Si tu veux une paix réelle, il faut respecter ces droits.
Si tu veux une liberté réelle, il faut respecter ces droits.
Mais ensuite, tu regardes la machine fonctionner.
Tu vois que ces droits-là disparaissent dès que l’État décide qu’ils gênent son agenda.
Tu constates que la justice ne protège plus l’individu, mais l’ordre établi.
Tu comprends que la paix n’est qu’un mot qu’on utilise quand tout le monde obéit.
Tu réalises que la liberté est devenue un privilège conditionnel.
Et tu arrives à une conclusion aussi sèche que brutale:
si les droits sont les fondements de la justice, de la paix et de la liberté,
et si ces droits sont bafoués,
alors justice, paix et liberté n’existent plus réellement.
Pas besoin d’un doctorat pour voir ça.
Juste un cerveau qui fonctionne encore.
Les beaux principes… et la réalité
On vit dans un pays qui adore les grands mots.
Les gouvernements aiment se donner des airs de sages. Ils citent la dignité humaine, la liberté de conscience, la grandeur de la personne. Ils parlent d’égalité comme si c’était une monnaie qu’ils distribuent.
Mais derrière le rideau, la machine roule sur autre chose:
la gestion, le contrôle, la catégorisation, la taxation, la hiérarchie.
La société moderne ne repose pas sur la cohérence.
Elle repose sur l’utilité politique. Ce qui sert l’État devient moral. Ce qui dérange devient interdit.
C’est pour ça que le même pays peut dire:
«mon corps, mon choix»
et en même temps:
«ton corps appartient à la santé publique».
Deux discours opposés, tenus par les mêmes institutions, parfois même par les mêmes personnes.
Et la majorité applaudit les deux sans remarquer la contradiction.
Ce n’est pas que les gens manquent d’intelligence.
C’est qu’ils sont fatigués, occupés, saturés de distractions, gavés d’opinions préfabriquées.
Ils répètent les slogans qui les arrangent, ils éteignent leur esprit critique parce que l’esprit critique dérange et ils se sentent vertueux en le faisant.
Quand tu oses pousser plus loin, tu remarques que ces contradictions ne sont pas des accidents.
Elles sont utiles.
Elles permettent de déplacer les principes selon ce qui arrange le pouvoir du moment.
L’égalité est vraie quand ça sert, elle disparaît quand ça contrarie.
La liberté est sacrée jusqu’à ce qu’elle devienne un obstacle.
La justice est neutre tant que le gouvernement n’a pas de litige sérieux.
C’est pour ça que tout ce qui touche le droit naturel est placé dans les préambules.
Le préambule, c’est le musée.
Le texte principal, c’est l’atelier.
Dans le musée, tout est beau.
Dans l’atelier, tout est sale.
Les catégories d’humains
Revenons à l’égalité.
Dans un monde cohérent, si tous les humains sont égaux en valeur et en dignité, ils devraient recevoir le même traitement juridique.
Mais ici, ce n’est pas comme ça.
Tu veux un exemple clair?
Prenons les Autochtones.
On dit qu’ils ne paient pas d’impôt. On imagine parfois qu’ils sont devenus libres, qu’ils vivent en dehors du système fiscal, mais ce n’est pas ça, c’est le contraire.
Ils ne paient pas d’impôt parce qu’ils ne sont pas considérés comme pleinement intégrés à la citoyenneté ordinaire. Ils relèvent d’un autre cadre. Un cadre de tutelle. Un cadre colonial qui existe encore. Un cadre où l’État dit littéralement être leur «fiduciaire».
Autrement dit, leur exemption fiscale n’est pas un privilège de liberté.
C’est une conséquence d’un statut contrôlé.
Ils n’ont pas obtenu une exemption parce qu’ils sont «plus libres».
Ils l’ont obtenue parce qu’ils sont dans un autre régime, avec d’autres règles, d’autres contraintes, d’autres limitations.
Et là, tu comprends quelque chose de dérangeant:
si l’État voulait, demain matin, créer une nouvelle catégorie d’individus exemptés d’impôt, il pourrait.
Il l’a déjà fait.
Il le fait encore pour d’autres groupes.
Mais jamais sur la base de la liberté individuelle.
Toujours sur la base d’un statut administratif distinct.
C’est ce qui prouve que l’égalité n’est pas réelle.
C’est un slogan.
La justice : rempart ou façade?
On a tous grandi avec une vision romantique de la justice.
La grande institution neutre, impartiale, objective, l’épée qui défend les faibles et le bouclier qui protège les droits.
Dans la vraie vie, la justice sert surtout à stabiliser le système.
L’ordre avant la vérité, la structure avant l’individu.
Quand tu contestes l’État en justice, tu joues dans sa cour.
Avec ses règles, ses juges, sa logique et sa définition de ce qui existe et de ce qui n’existe pas.
Tu arrives avec des arguments de droit naturel, des principes écrits noir sur blanc dans les préambules.
Et eux, ils te répondent avec les articles techniques, les interprétations restrictives, les précédents qui les arrangent.
Tu frappes un mur.
Pas parce que tu es dans le tort.
Parce que l’institution est construite pour protéger elle-même et ce qui l’alimente.
Je vais te dire ça crûment:
la justice canadienne n’est pas là pour trancher la question de savoir si tu es libre ou esclave.
Elle est là pour appliquer les lois qui, elles, présument déjà que tu dois obéir.
Tu ne peux pas demander à un arbitre de hockey si le hockey est une arnaque.
Il gagne sa vie avec ce sport.
Avec les juges, c’est pareil.
Pourquoi affronter la machine ne fonctionne pas
Un homme seul qui attaque l’État de front, c’est un moustique contre un autobus.
Même si tu as raison, même si tu es logique et même si tu es cohérent.
Le système n’a pas peur d’avoir tort.
Il a peur d’avoir à changer.
Et ça, il ne le fera pas.
Pas pour un individu.
Pas pour des preuves.
Pas pour la morale.
Le système se protège lui-même.
Toujours.
C’est pour ça que les affaires de refus fiscal se terminent toutes pareil.
Pas parce que les arguments sont mauvais, parce que le système refuse, par nature, de reconnaître qu’un individu peut dire non.
Si un seul peut dire non, alors plusieurs peuvent dire non et ensuite tout tombe.
Le refus fiscal individuel est une menace existentielle.
La décision judiciaire sera donc toujours la même: NON.
Pas pour la logique.
Pour la survie du systême.
Alors on fait quoi?
C’est là où tu trouves souvent mon discours «parallèle».
Mais ce n’est pas du défaitisme, c’est de la stratégie.
Quand la partie est truquée, le but n’est pas de crier après le croupier.
C’est de changer de table.
Quand la machine est trop grosse, le but n’est pas de foncer dedans comme un héros tragique.
C’est de se placer à côté d’elle et de fonctionner autrement.
Construire quelque chose en parallèle, ce n’est pas abandonner.
C’est choisir son terrain.
Et ça, c’est ce que les gens libres ont toujours fait.
Pas les pleurnicheux.
Pas les défaitistes.
Les libres.
Ceux qui savent qu’une société qui perd sa cohérence finit toujours par tomber.
Ceux qui savent que la majorité ne se réveillera pas demain matin.
Ceux qui ne veulent pas attendre vingt ans pour agir.
Construire un espace parallèle, ce n’est pas se cacher.
C’est se soustraire à une influence toxique.
C’est reprendre du contrôle.
C’est décider où vont nos efforts, où va notre argent, où va notre énergie.
Tu veux arrêter de financer les imbécilités du gouvernement?
Tu n’y arriveras jamais par une injonction.
Tu vas y arriver en retirant tes ressources du cycle normal et en les réorientant vers une structure que tu contrôles.
C’est ça, une société parallèle.
Ce n’est pas une secte.
Ce n’est pas une fuite.
C’est une forme de souveraineté individuelle et collective.
Une zone où la logique revient.
Une zone où les principes ont du sens.
Une zone où l’État n’intervient pas parce qu’il n’a rien à saisir.
C’est le même modèle que les ordres religieux, les fondations familiales, les fiducies privées, les OSBL bien gérés.
Ce n’est pas révolutionnaire.
C’est juste rare chez les citoyens ordinaires parce qu’on leur a fait croire qu’ils n’avaient pas le droit.
Le réveil collectif? Oublie ça
Les gens ne se réveilleront pas en masse.
Pas demain.
Pas après-demain.
L’être humain change quand il n’a plus le choix, pas avant.
La société actuelle s’endort dans le confort, les distractions, la facilité, le répétitif.
Elle n’a aucune motivation interne pour se réveiller.
Elle attend un choc.
Elle attend l’effondrement.
Elle attend qu’on lui secoue la cage.
Et toi, tu n’es pas obligé d’attendre avec elle.
Tu peux préparer le terrain.
Tu peux tracer une sortie.
Tu peux bâtir un espace fonctionnel qui deviendra indispensable quand tout le monde réalisera que le système est crevé de l’intérieur.
Ce n’est pas défaitiste.
C’est visionnaire.
C’est prévoyant.
C’est mature.
Les grandes transformations ne viennent pas de la masse.
Elles viennent toujours de petites structures cohérentes qui avancent pendant que le reste roupille.
La conclusion logique
On vit dans un pays où:
- les mots ne veulent plus dire ce qu’ils disent,
- les droits ne sont appliqués que quand ça fait l’affaire,
- la justice protège l’État avant l’humain,
- les catégories juridiques contredisent l’égalité proclamée,
- la liberté dépend des modes politiques du moment,
- la logique est vue comme une anomalie,
- la majorité répète sans comprendre.
Devant ça, il existe deux réactions possibles.
La première, c’est la réaction émotive.
Crier. Protester. S’indigner.
T’acharner à convaincre des gens qui n’écoutent pas.
Te battre dans une arène où tu es condamné d’avance.
La deuxième, c’est la réaction adulte.
La réaction logique.
Tu regardes la machine.
Tu comprends qu’elle n’est pas réformable.
Tu comprends qu’elle ne s’auto-corrigera jamais.
Tu comprends que tu n’obtiendras jamais un jugement disant que tu es libre.
Et tu décides de construire ailleurs.
Calmement, patiemment, méthodiquement et fièrement.
En cessant d’alimenter un système incohérent, tu fais plus pour ta liberté que n’importe quel procès.
C’est ça, la vraie sortie.
La seule qui tient debout.
La seule qui respecte ta logique.
La seule qui te ramène enfin vers quelque chose qui ressemble à la liberté.
✍️ Le Volontariste


One response
Tshinashkumitin pour ce que tu affirmes versus les premières nations !