« Eat the rich » : quand la destruction passe pour une vertu
On entend ça partout maintenant.
Sur les réseaux sociaux, dans les commentaires, dans les memes supposément drôles.
Eat the rich.
Ce n’est plus une provocation. C’est devenu un slogan. Une posture morale clé en main. Tu le dis, tu te positionnes automatiquement du bon côté de l’histoire, sans autre effort requis.
Les riches auraient mérité de mourir sur le Titanic.
Les riches sont le problème.
Les riches doivent payer. Encore. Plus. Toujours plus.
Et surtout, les riches doivent être punis.
Pas parce qu’ils ont commis un crime précis.
Pas parce qu’ils ont volé quelqu’un en particulier.
Mais parce qu’ils existent. Parce qu’ils incarnent quelque chose d’insupportable pour une société qui a renoncé à construire.
La haine des riches est devenue une forme moderne de vertu. Une vertu pratique. Peu coûteuse. Tu n’as rien à produire, rien à risquer, rien à sacrifier. Tu désignes un ennemi, tu réclames sa mise à contribution forcée, et tu t’endors avec la conscience tranquille.
Après tout, ce n’est pas toi qui prends l’argent.
C’est l’État.
Toi, tu fais juste demander.
La question pourtant est simple, presque naïve:
où est-ce que ça s’arrête, cette logique-là?
Parce que ce réflexe de destruction, ce n’est pas nouveau. On l’a vu passer dans l’histoire, encore et encore. Chaque fois avec le même scénario, les mêmes justifications morales, et toujours le même résultat final. Appauvrissement généralisé, contrôle accru, violence légitimée, et une société qui finit plus pauvre qu’au départ, matériellement et mentalement.
Mais avant de parler d’histoire ou d’idéologie, il faut commencer plus bas. Plus concret. Plus humain.
La pauvreté, je ne l’ai pas apprise dans un livre
Quand je parle de pauvreté, je ne parle pas d’un concept abstrait. Je ne parle pas d’un graphique, d’une statistique ou d’un débat de salon. Je parle de vécu.
Je sais ce que c’est que d’être pauvre. Je l’ai été jeune adulte. J’ai dormi dans des centres d’hébergement. J’ai mangé grâce à des organismes de charité. J’ai dépendu de structures mises en place pour empêcher des humains de tomber complètement dans le vide.
Ces organismes-là font un travail essentiel. Il faut le dire clairement. Ils sauvent des gens. Ils empêchent le pire. Sans eux, beaucoup n’auraient même pas eu la chance de se relever un jour.
Et oui, être cassé, ça arrive.
Une rupture.
Une mauvaise passe.
Une série de décisions mal alignées.
Un coup de malchance de trop.
La pauvreté matérielle peut frapper n’importe qui. Elle ne dit rien, en soi, de la valeur d’un individu. Elle peut être temporaire.
Je m’en suis sorti. Pas par miracle. Pas parce que quelqu’un est venu me sauver. Lentement. Avec des efforts. Des erreurs. Des choix inconfortables. Des risques assumés. Rien de spectaculaire. Juste la réalité brute.
Et comme beaucoup de gens qui ont reçu de l’aide, j’ai eu ce réflexe-là, plus tard.
Revenir, redonner, du temps, un peu d’argent et de l’énergie.
Parce que quand tu as connu le bas, tu sais ce que ça vaut, un coup de main.
Le choc du retour, quand la pauvreté cesse d’être un accident
Des années plus tard, je suis retourné dans ces mêmes milieux. Pas pour me replonger dans le passé, mais pour donner. Pour aider. Pour fermer une boucle, comme on dit.
Et c’est là que le choc est arrivé.
Oui, il y avait de nouveaux visages. Des jeunes. Des gens de passage. Des trajectoires brisées récemment.
Ça, c’est normal. La vie frappe encore.
Mais il y avait aussi les autres. Les mêmes. Les habitués. Ceux que j’avais déjà croisés dix ans plus tôt.
Même soupe populaire.
Même centre.
Même discours.
Même posture.
Dix ans plus tard, ils étaient toujours là.
Pas en transition.
Pas en reconstruction.
Installés.
Et là, quelque chose se fissure dans ta tête. Parce que tu ne peux plus te raconter la belle histoire confortable. Celle où tout le monde veut s’en sortir, mais n’en a simplement pas les moyens.
À ce stade, ce n’est plus un manque de ressources. Ce n’est plus une malchance temporaire. C’est devenu un mode de vie. Dix ans à survivre. Zéro année à construire quoi que ce soit.
Et il faut avoir l’honnêteté de le dire, même si ça dérange: à partir d’un certain point, la pauvreté cesse d’être seulement matérielle.
Elle devient mentale.
Pas dans le sens insultant du terme. Pas par manque d’intelligence. Mais par conditionnement. Par adaptation. Par confort psychologique.
Parce qu’à force de vivre dans l’échec, l’échec devient familier.
À force d’être dépendant, la dépendance devient rassurante.
À force d’éviter le risque, l’inaction devient logique.
La pauvreté matérielle, tu peux en sortir.
La pauvreté mentale, elle, s’installe doucement, comme un fauteuil trop mou dans lequel tu finis par t’affaisser.
Et c’est là que la phrase que personne n’aime entendre devient vraie: être cassé est souvent temporaire, rester pauvre toute sa vie est très souvent un choix inconscient.
Pas un choix formulé.
Un choix vécu.
Un choix dicté par la peur de perdre ce qu’on a déjà, même si ce qu’on a, c’est presque rien.
Quand détruire devient plus rassurant que construire
À partir de là, quelque chose de prévisible se met en place.
Quand tu n’as plus l’énergie, ou le courage, ou la volonté de construire, il te reste une option beaucoup plus accessible: détruire. Ou, à défaut, applaudir la destruction.
Construire, c’est exigeant.
Construire demande du temps.
Construire t’expose.
Construire implique une possibilité très précise et très inconfortable: échouer par ta faute.
Détruire, au contraire, est extraordinairement confortable.
Tu n’as rien à prouver.
Rien à risquer.
Rien à perdre.
Tu peux chialer.
Accuser.
Dénoncer.
Te fâcher contre des abstractions.
Et c’est exactement là que la haine des riches devient utile.
Le riche devient le coupable idéal. Pas parce qu’il a fait quelque chose de précis, mais parce qu’il représente une anomalie insupportable pour quelqu’un qui a renoncé à agir. Il est la preuve vivante que produire, accumuler, bâtir est possible.
Alors on transforme l’envie en morale.
La jalousie en vertu.
L’échec personnel en injustice systémique.
Les riches sont mauvais.
Les riches exploitent.
Les riches méritent d’être punis.
Et là, attention, on ne parle pas ici de dénoncer des abus réels ou des crimes concrets. Ça, c’est légitime. On parle d’une autre chose. D’une haine globale, indistincte, paresseuse. Une haine qui ne cherche pas à corriger, mais à écraser.
Ce n’est pas une recherche de justice.
C’est un soulagement émotionnel.
On ne veut pas créer quelque chose de mieux.
On veut détruire ce qui rappelle ce qu’on n’a pas fait.
C’est pour ça que eat the rich est si populaire.
Ça ne demande aucun effort.
Aucune responsabilité.
Aucune introspection.
Tu peux rester exactement comme tu es, et te croire quand même du bon côté.
Le confort n’a pas de classe sociale
Et c’est ici que le texte cesse d’être confortable pour à peu près tout le monde.
Parce que cette posture-là, je ne l’ai pas vue seulement chez les pauvres. Je l’ai vue chez des gens très à l’aise financièrement. Des gens avec des actifs. Des propriétés. Des entreprises. Des acquis bien protégés.
Des gens qui parlent de changement.
Qui critiquent le système.
Qui disent vouloir autre chose.
Jusqu’au moment où on leur propose de sortir du cadre.
Et là, soudainement, le discours change.
«Ouin, mais là, je pourrais perdre ce que j’ai.»
«Le gouvernement pourrait me tomber dessus.»
«C’est trop risqué.»
«Ce n’est pas le bon timing.»
Même peur.
Même immobilisme.
Même attachement au confort.
La pauvreté mentale n’a rien à voir avec le solde bancaire. Elle a tout à voir avec la capacité à renoncer à une sécurité immédiate pour une liberté plus grande, mais incertaine.
Les pauvres ont peur de perdre leur aide. Les riches ont peur de perdre leurs acquis.
Au final, c’est la même logique. On préfère un confort connu à une liberté à bâtir.
Et là, quelque chose devient clair.
Le problème n’est pas la pauvreté.
Le problème n’est pas la richesse.
Le problème, c’est le refus du risque.
Parce que la liberté a un coût.
Elle exige de l’effort.
Elle exige de la responsabilité.
Elle exige d’accepter de ne plus pouvoir blâmer quelqu’un d’autre.
Alors on reste où on est. On critique à distance. On applaudit les slogans. On s’indigne sur commande. Mais on ne change rien de fondamental dans sa propre vie.
C’est plus confortable comme ça.
Quand même le pouvoir ne libère personne
On entend souvent cette phrase, répétée comme une évidence:
«Si on avait plus de pouvoir, on ferait mieux.»
C’est rassurant comme idée. Ça permet de croire que le problème, ce n’est pas la posture, mais le manque de leviers. Donnez-nous plus de contrôle, plus d’argent, plus d’influence, et là, promis, on va arranger les choses.
Les syndicats sont l’exemple parfait pour démonter ce mythe.
Au Québec, ils n’ont jamais manqué de pouvoir. Accès direct au politique. Influence médiatique massive. Ressources financières importantes. Capacité de bloquer, de négocier, de faire pression. S’il y avait un groupe capable de transformer concrètement la condition des travailleurs, c’était bien celui-là.
Alors, qu’est-ce qu’ils ont fait?
Ils sont entrés en finance.
Ils sont devenus partenaires du patronat.
Ils ont appris à jouer avec les mêmes règles que ceux qu’ils dénonçaient.
On nous dit que c’était pour le bien des membres. Pour générer des rendements. Pour protéger l’avenir. Très bien. Question simple: est-ce que les travailleurs ordinaires sont plus riches aujourd’hui?
Pas les dirigeants syndicaux.
Les travailleurs.
Ensuite, ils ont couché avec le politique. Des lois sur mesure. Des avantages fiscaux. Des statuts particuliers. Pas pour libérer les travailleurs du système, mais pour mieux s’y installer.
Et quand certains gouvernements ont voulu un minimum de transparence envers les membres, la réaction a été immédiate. Lobby. Pressions. Résistance. Résultat: moins d’obligations, moins de comptes à rendre.
À aucun moment, la question fondamentale n’a été posée: comment rendre les travailleurs réellement autonomes?
Pourquoi ne pas avoir créé des projets productifs?
Des structures où les travailleurs deviennent propriétaires?
Des mécanismes de création de richesse, pas seulement de redistribution?
Parce que ça aurait demandé autre chose que du pouvoir.
Ça aurait demandé de la liberté.
Et surtout, de la responsabilité partagée.
Les syndicats n’ont pas échoué par manque de moyens.
Ils ont échoué parce qu’ils ont reproduit exactement la logique qu’ils prétendaient combattre: du contrôle par en haut, une élite confortable, et une base dépendante.
Même pauvreté mentale.
Autre costume.
La liberté, cette clé qu’on a volontairement laissée tomber
On oublie trop facilement d’où vient la prospérité. Pas la prospérité abstraite, pas celle des graphiques, celle que les gens vivaient concrètement.
On a déjà vécu dans un pays où la liberté n’était pas un slogan creux. Elle était imparfaite, inégale, parfois brutale, mais elle était réelle. La liberté d’entreprendre. La liberté d’essayer. La liberté de se planter et de recommencer sans demander la permission à dix ministères et trois comités.
C’est ça qui a créé la richesse.
Pas l’État.
Pas les grandes institutions.
Pas les syndicats.
Des individus libres qui prenaient des risques.
Et puis, graduellement, on a commencé à avoir peur de cette liberté-là. Trop instable. Trop injuste. Trop imprévisible. Alors, au nom de la protection, on a encadré. Au nom de l’égalité, on a nivelé. Au nom du bien commun, on a contrôlé.
Toujours avec de bonnes intentions, bien sûr.
Mais chaque couche de contrôle a eu le même effet. Elle a retiré un peu de responsabilité aux individus, et avec elle, un peu de leur capacité à s’enrichir par eux-mêmes. Pas seulement financièrement. Mentalement.
On a remplacé la liberté par la gestion.
L’initiative par la conformité.
Le risque par la sécurité réglementée.
Et le peuple a accepté.
Pourquoi? Parce que la majorité des gens se fout de sa liberté tant que sa routine n’est pas dérangée. Tant qu’on peut rentrer à la maison, écouter son téléroman, ouvrir une bouteille le vendredi, planifier ses vacances et éviter les ennuis.
Faites ce que vous voulez avec le reste.
Les gouvernements l’ont très bien compris. Quand un peuple renonce volontairement à sa liberté, le pouvoir n’a même plus besoin de forcer. Il avance tout seul, tranquillement, avec l’approbation passive de ceux qu’il encadre.
Ce n’est pas un complot.
C’est une dynamique.
Moins de liberté produit moins de responsabilité.
Moins de responsabilité produit plus de dépendance.
Plus de dépendance justifie encore plus de contrôle.
La boucle est parfaite.
Les engrenages consentants d’un esclavage moderne
C’est ici que le raisonnement devient vraiment difficile à avaler.
Parce que si le système est aussi lourd, aussi intrusif, aussi présent dans chaque aspect de la vie, ce n’est pas seulement parce que des politiciens l’ont voulu. C’est aussi parce qu’il est alimenté, jour après jour, par la coopération volontaire de millions de personnes.
La majorité des gens ne sont pas seulement victimes du système.
Ils en sont les engrenages.
Ils le défendent.
Ils l’excusent.
Ils le justifient.
Ils répètent les mêmes phrases toutes faites, souvent sans même s’en rendre compte.
«On n’a pas le choix.»
«C’est comme ça que ça marche.»
«C’est trop compliqué pour les individus.»
«Il faut bien que quelqu’un s’en occupe.»
Traduction simple : je préfère déléguer ma responsabilité à une structure, même si cette structure me contrôle, plutôt que d’assumer les conséquences de ma liberté.
Et quand quelqu’un ose poser des questions, remettre en cause les bases, pointer les contradictions, la réaction est presque toujours la même. Pas un débat. Pas une réflexion. Une fermeture nette.
Ridiculisation.
Mépris.
Étiquettes rapides.
Pas parce que les arguments sont mauvais, mais parce qu’ils menacent quelque chose de plus profond. Le confort mental. L’équilibre fragile entre «je sens que quelque chose cloche» et «je ne veux surtout pas y penser trop longtemps».
Alors on simplifie.
On caricature.
On réduit la liberté au chaos.
On confond sécurité et contrôle.
Et ce qui est le plus troublant, c’est que ce mécanisme fonctionne même chez ceux qui se croient critiques. Même chez ceux qui dénoncent le système. Même chez ceux qui se disent éveillés.
Je m’inclus là-dedans.
Même en étant conscient de ces dynamiques, je me surprends parfois à retomber dans le confort. À remettre à plus tard. À relativiser. À me dire «ce n’est pas le bon moment».
Personne n’est immunisé. Et c’est précisément pour ça que le système est si robuste. Il ne repose pas sur la force brute. Il repose sur l’acceptation tranquille.
Un esclavage moderne ne fonctionne pas parce qu’il est imposé.
Il fonctionne parce qu’il est toléré.
Convaincre les autres… ou bâtir ailleurs
Quand tu arrives à ce point du raisonnement, il faut être honnête avec soi-même. Vraiment honnête.
Tu peux continuer à essayer d’expliquer.
À argumenter.
À démontrer.
À déconstruire les sophismes un par un.
Tu peux passer des heures à montrer les contradictions, les erreurs de logique, les raccourcis intellectuels. Tu peux t’user à tenter d’expliquer des bases que beaucoup n’ont jamais intégrées: la différence entre liberté et chaos, entre responsabilité et abandon, entre entraide volontaire et contrainte institutionnelle.
Et très vite, tu te rends compte d’une chose frustrante.
Ce n’est pas qu’ils ne sont pas d’accord.
C’est qu’ils ne peuvent pas comprendre.
Pas parce qu’ils sont stupides.
Parce que leur cadre mental ne le permet pas.
Quand quelqu’un a bâti toute sa sécurité intérieure sur la délégation de responsabilité, remettre cette délégation en question, c’est attaquer son équilibre. Alors il se ferme. Il rejette. Il ridiculise. Et toi, tu passes pour le fou de service.
À partir de là, il reste deux options.
La première, c’est de continuer à vouloir sauver tout le monde. À vouloir convaincre ceux qui n’ont aucune intention de bouger. À vouloir réveiller des gens qui préfèrent dormir. C’est noble. C’est épuisant. Et ça ne marche pas.
La seconde est moins spectaculaire, mais beaucoup plus efficace.
Bâtir ailleurs.
Pas contre le système.
Pas en affrontement direct.
Pas en cherchant à prendre le pouvoir.
Bâtir en parallèle.
Créer des structures qui reposent sur autre chose que la contrainte. Des cadres où la liberté n’est pas une promesse électorale, mais une condition de base. Des espaces où la responsabilité n’est pas évitée, mais assumée.
Pendant que certains débattent.
Pendant que d’autres s’indignent.
Pendant que la majorité reste confortablement immobile.
Ce n’est pas une fuite.
C’est un choix stratégique.
La sortie n’est pas politique, elle est personnelle
Rendu ici, il n’y a plus grand-chose à débattre.
Ce texte n’est pas une attaque contre les pauvres.
Il n’est pas une défense des riches.
Il n’est pas une charge contre un groupe en particulier.
Il pointe une posture.
Une mentalité.
Un renoncement collectif.
La pauvreté mentale ne se mesure pas en dollars. Elle se mesure en dépendance, en évitement du risque, en refus de la responsabilité. Et elle touche tout le monde. Les pauvres qui survivent. Les riches qui protègent leurs acquis. Les institutions qui gèrent au lieu de libérer. Les citoyens qui délèguent leur conscience à l’État.
On aime dire que le problème, c’est le système.
C’est plus confortable.
Mais un système ne vit pas tout seul. Il fonctionne parce que des millions de gens acceptent d’y jouer leur rôle. Par habitude. Par peur. Par fatigue. Par désir de tranquillité.
La vérité, c’est que beaucoup de gens ne veulent pas être libres. Ils veulent être protégés. Pris en charge. Rassurés. Tant que ça ne dérange pas trop leur quotidien.
Et ça, aucun slogan ne le corrigera.
Aucune taxe.
Aucune loi.
Aucune révolution de clavier.
La seule vraie sortie commence quand quelqu’un décide de reprendre une part de responsabilité dans sa propre vie. Pas toute d’un coup. Pas parfaitement. Mais concrètement.
C’est là que la liberté cesse d’être une idée abstraite pour redevenir ce qu’elle a toujours été. Une pratique. Une discipline. Un choix exigeant.
Le projet volontariste ne promet pas un monde parfait.
Il ne promet pas la justice universelle.
Il ne promet pas de sauver qui que ce soit.
Il propose un cadre pour ceux qui ont compris que la liberté ne se demande pas, elle se prend. Pas par la force. Par l’action. Par la construction. Par le refus de rester un sujet.
Ce projet n’est pas pour tout le monde.
Il n’a jamais été pensé pour l’être.
Il est pour ceux qui, en lisant ce texte, ne se sentent pas insultés, mais interpellés. Pour ceux qui sentent ce léger malaise intérieur qui dit: peut-être que moi aussi, je me suis trop longtemps installé dans le confort.
À ceux-là, on n’impose rien.
On ouvre une porte.
On répond aux questions.
Et on construit, tranquillement, pendant que le reste du monde débat.
Le reste, on ne peut pas le forcer.
✍️ Le Volontariste


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